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Suivre et valoriser la contribution OSM avec Podoma

Depuis plus de 20 ans, OpenStreetMap s’enrichit grâce à quelque 11 millions de contributeurs dans le monde. En France, 3ème communauté mondiale, cela représente plus de 40 000 comptes et plus de 500 contributeurs actifs chaque jour.

Une richesse considérable, mais qui reste difficile à lire et à appréhender. Qui contribue ? Sur quoi ? Où ? Quand ? A quel rythme ?

Pour répondre à toutes ces questions, il faut se tourner vers le monitoring (observation) de la contribution.

Monitoring de la contribution : pourquoi faire ?

Deux enjeux principaux se dégagent.

(1) Reconnaître les efforts. Contribuer à OSM, c’est du temps et de l’expertise, et parfois une connaissance très fine du terrain. Sans outils adaptés, ces efforts se fondent dans le flux continu de modifications. L’enjeu est donc de transformer ce “bruit” en signal lisible, et in fine en reconnaissance.

(2) Valoriser l’historique. Les données OSM utilisées aujourd’hui reposent souvent sur des contributions réalisées il y a longtemps. Être capable de remonter dans le temps pour comprendre qui a fait quoi, et quand, permet de redonner de la profondeur aux données et de reconnaître celles et ceux qui l’ont construite.

Jusqu’à récemment, aucun outil ne permettait de répondre finement à ce besoin.

Podoma : rendre visibles les efforts de la communauté

Podoma est un outil d’observation de la contribution dans OpenStreetMap. Il permet de mesurer et visualiser l’activité sur un sujet ou un territoire donné.

Une méfiance qu’on entend souvent à l’égard d’OpenStreetMap est  :

Cette incertitude peut freiner l’adoption, notamment côté professionnels et acteurs publics.

Podoma apporte des réponses aux questions :

  • Combien de personnes contribuent sur un sujet donné ?
  • Quand ces contributions ont lieu ?
  • Quels types d’objets sont concernés ?

Attention, il s’agit d’un outil d’observation neutre. Il ne juge pas de la qualité des contributions, il compte et il met en visualisation des indicateurs sur la vitalité d’un sujet ou d’un territoire.

Les évolutions récentes de la plateforme renforcent cette lecture. L’interface met désormais en avant l’activité quotidienne, avec des visualisations dynamiques (variations, intensité, comparaisons). L’effet est volontairement “fourmilière” : on voit où ça bouge, quand, et à quelle échelle, du niveau communal jusqu’au niveau continental.

Source : https://wiki.openstreetmap.org/wiki/Podoma

L’histoire de Podoma, ancrée dans la communauté  

A l’origine, la communauté OpenStreetMap France avait un besoin de mieux organiser les Projets du mois et suivre les contributions. En 2018 & 2019, Adrien Pavie, Noémie Lehuby et Florian Lainez développent bénévolement une première version de Podoma.

Source : https://www.projetdumois.fr/projects/2018-07_substation

Depuis 2020, l’outil prend une nouvelle dimension avec le partenariat entre OSM France et Enedis autour de la cartographie des poteaux en France. Un Projet du mois permanent dédié à Enedis voit donc le jour et est basé sur Podoma, pour suivre les efforts de la communauté.

Podoma est relancé et enrichi en 2025 avec l’initiative MapYourGrid et grâce aux développements de François Lacombe de Datactivist. L’objectif devient global, il s’agit désormais de créer un socle mondial pour suivre la contribution sur les infrastructures électriques.

Source : https://mapyourgrid.infos-reseaux.com/dashboard/ 

Et depuis fin 2025, nous sommes heureux de voir que d’autres communautés s’en emparent, comme OpenStreetMap Italie avec son Progetto del mese.

Un outil adaptable à de nombreux usages

L’une des forces de Podoma est sa capacité à s’adapter à différents contextes.

Dans OpenStreetMap, personne n’a besoin de suivre l’intégralité de la base. Les usages sont toujours thématiques (transport, énergie, bâtiments, mobilité, etc.), voire très spécifiques. Podoma permet précisément de se concentrer sur un sujet et périmètre spécifique et d’en observer les dynamiques.

Cela ouvre de nombreux usages :

  • Pour les communautés locales : organiser et suivre des campagnes de contribution
  • Pour les collectivités : observer l’activité sur leur territoire
  • Pour les entreprises : suivre l’évolution de données stratégiques liées à leur activité

L’outil devient ainsi un point de rencontre entre contributeurs et réutilisateurs. Et ces usages intéressent directement les professionnels.

Et pour les pros ? 

Pour les membres de la FPOSM et les entreprises qui travaillent avec OpenStreetMap, Podoma est un levier stratégique.

Lors du démarchage, il permet de raconter une histoire. Montrer qu’un sujet existe dans OSM depuis plusieurs années, visualiser sa progression, illustrer l’engagement de la communauté : autant d’éléments qui renforcent la crédibilité d’une démarche basée sur OSM.

Pendant la durée d’un projet et dans une logique de reporting, Podoma permet d’automatiser le suivi des contributions. Il est ainsi possible de produire des indicateurs fiables et réguliers.

Enfin, pour l’animation de communauté, Podoma offre une lecture fine des dynamiques de contribution. Il devient possible d’identifier les contributeurs les plus actifs et de les valoriser. À l’inverse, on peut repérer des contributeurs moins actifs et mieux les accompagner, en orientant leurs efforts vers les priorités du projet.

Cette capacité à segmenter et comprendre les contributions change profondément la manière de piloter des projets OSM.

Mieux voir pour mieux reconnaître, et mieux reconnaître pour mieux construire

Podoma révèle la structure d’OpenStreetMap. En rendant visibles les efforts et en donnant accès à l’historique, il contribue à faire évoluer les pratiques. On passe d’une logique de contribution diffuse à une approche plus valorisable, et mieux partagée entre bénévoles et professionnels. 

Vous souhaitez aller plus loin dans vos projets, déployer une instance Podoma, ou simplement mieux comprendre ses usages et ses apports ? Écrivez-nous et nous relaierons votre demande auprès de nos collègues, experts du sujet.

Article rédigé par François Lacombe et Marina Petkova

Pour aller plus loin

Mesurer la contribution par François Lacombe, Datactivist