Photo par Baptiste Lemoine, CC-BY-4.0
Retour sur la deuxième édition de la Rencontre OSM et territoires, organisée par la FPOSM.
Le 24 mars 2026 s’est tenue à Brest la Rencontre OSM et Territoires, dans la continuité des Rencontres des utilisateurs de QGIS. Cet évènement a mis en avant les usages et possibles autour d’OpenStreetMap au service des collectivités territoriales.
Plus d’une centaine de personnes se sont réunies pour découvrir les tables rondes, conférences éclair et ateliers techniques que les membres de la FPOSM avaient préparés.
« L’esprit d’OpenStreetMap et territoires, c’est de donner la parole à des vrais gens qui ont fait des vrais projets avec OSM. Ainsi, quand demain vous rentrez sur votre territoire, vous avez envie de vous mettre à OSM. »
Jean-Christophe Becquet, Vice Président de la FPOSM, Apitux.

Conférence introductive « Nous ne sommes pas un microcOSM », par Jean-Christophe Becquet. Photo par Marina Petkova, CC-BY-4.0
Les témoignages d’actrices et acteurs publics
Deux tables rondes ont ouvert la journée : « Faire territoire avec OpenStreetMap » et « Retours d’expériences : OSM, SIG et territoires », animées par des membres de la FPOSM : Jean-Christophe Becquet (Apitux) et Rémi Labarthe (UMR CNRS 5319 Passages).
Six grands témoins, issus de collectivités, parc naturel régional, office de tourisme et de l’enseignement supérieur, ont partagé leurs expériences d’usage de OpenStreetMap dans leurs structures : pourquoi l’adopter, quelles difficultés ont été rencontrées et quels bénéfices ont été observés.


Les échanges ont abordé plusieurs enjeux territoriaux : mobilités et accessibilité, attractivité touristique, médiation numérique, participation citoyenne.
OpenStreetMap permet notamment de produire une donnée partagée, directement dans un commun réutilisable par de nombreux acteurs et outils, et contribuer ainsi à casser les silos et à mieux valoriser les ressources du territoire.
« La donnée est immédiatement disponible et va continuer à évoluer toute seule ».
Parmi les exemples, nos invités ont parlé de la manière dont les données OSM servent à faciliter l’orientation et les déplacements, notamment pour les personnes à mobilité réduite. Ensuite, une fois intégrée dans la base, l’information peut être réutilisée dans différents services, comme des outils de guidage pour personnes malvoyantes ou des dispositifs permettant de signaler aux gestionnaires les obstacles rencontrés sur le terrain.
Les conférences éclair
Plusieurs actrices et acteurs ont partagés leurs usages autour d’OSM, notamment :
- Pour créer du lien social, que ce soit les travaux de recherche de Rémi Labarthe ou le jeu « Carto’Mission » de Coralie Le Bian.
- Pour atteindre un niveau de précision élevé, par exemple avec ParkingLand sur les aménagements vélo (Baptiste Lemoine de CipherBliss), ou sur le suivi de modifications via QGIS (Charles Millet de Carto’Cité).
- Pour simplifier la collecte de terrain grâce aux photos Panoramax (Adrien Pavie, site web), avec une réalisation concrète sur un centre hospitalier (Marina Petkova de Dynartio).
Pour clôturer la matinée en assemblée, Florian Lainez (JungleBus) a parlé de State of the map 2026, la conférence mondiale de la communauté OpenStreetMap. Pour la première fois, cet événement se tiendra en France, du 28 au 30 août 2026 à Paris, une occasion unique de réunir sur le sol français les actrices et acteurs internationaux de la cartographie ouverte.
Les vidéos de la matinée en assemblée seront bientôt disponibles.
Les dix ateliers de l’après-midi
L’après-midi a été l’occasion pour les participantes & participants de se répartir autour de dix ateliers.
Créer la confiance et faciliter l’adoption d’OpenStreetMap
Un premier enjeu abordé tourne autour de la création de la confiance en le projet et sa communauté, et les leviers actionnables pour faciliter l’adoption d’OSM.
Florian Lainez a expliqué la fameuse licence ODbL (Open Database License), qui régit les droits et les devoirs autour du commun qu’est OpenStreetMap. Il a notamment détaillé les « Directives générales », qui viennent affiner les cas d’usages particuliers d’OSM : géocodage, calques différenciés, petites extractions de données… Et la plupart du temps, travailler avec la licence est bien plus simple que vous ne l’imaginez !
François Lacombe (Datactivist) a présenté différents outils pour le suivi des contributions et l’analyse qualité des données OSM. Cet outillage a vocation à rassurer les structures ré-utilisatrices de données. Parmi les outils : LeBonTag, Clearance, Osmose, Podoma… Autant de choix possibles pour vos besoins au quotidien.

Photo par Baptiste Lemoine, CC-BY-4.0

Coralie Le Bian nous a fait découvrir la contribution à OSM de manière ludique avec le jeu « Carto Mission ». Cet outil de médiation permet de se familiariser à l’édition des données, découvrir le jargon des cartographes, et comprendre tout l’intérêt de participer à ce commun géographique. Tout pour être paré à vos premières contributions.
Photo par Baptiste Lemoine, CC-BY-4.0
Vincent Bergeot (Teritorio) et Jérôme Lay (Office du tourisme et Tiers lieu du Seignanx) ont montré le site de documentation CommuneCarte qui vise à simplifier la prise en main et l’utilisation des tags OSM par les agents des collectivités.
Benoit Ribon & Marina Petkova (Dynartio) et Vincent Bergeot ont parlé de deux approches complémentaires pour recenser et cartographier les acteurs alimentaires dans les territoires : former les chargés de mission à contribuer directement dans OSM, ou exploiter les données existantes dans une base dédiée à l’alimentaire avant de réinjecter les enrichissements dans OSM.
Faire ses premiers pas techniques avec OpenStreetMap
Une fois convaincus du grand intérêt de participer à l’écosystème OSM, il faut mettre la main à la pâte ! Trois ateliers ont permis découvrir un peu plus concrètement l’outillage autour des données.
Adrien Pavie a présenté les façons simples de récupérer les données OSM. Les exports sur data.gouv et GéoDataMine sont les plus directes, avec des jeux de données locaux ou nationaux, sur des thématiques précises (aménagements vélo, défibrillateurs, bornes incendies, commerces…). Quick OSM et Overpass Turbo permettent une approche plus précise (des typologies d’objets et des zones à la demande). Enfin, les exports « PBF » permettent d’accéder à toutes les données, avec des outils dédiés.
Antoine Riche a détaillé l’usage d’uMap, l’outil de référence pour créer ses cartes interactives. Comment y charger des données, géocoder des objets, changer les styles et le fond de carte, le tout en quelques clics. Un outil qui a fait ses preuves, avec un serveur hébergé par l’ANCT pour les agents de collectivités publiques.
Yuji Kato a proposé une « cartopartie » (atelier de contribution aux données) sur la thématique humanitaire et prévention des risques naturels et sanitaires. L’occasion de découvrir les organisations autour de cet enjeu (CartONG, Missing Maps, HOT) et de participer à la cartographie avec l’éditeur en ligne iD.

Photo par Rémi Labarthe, CC-BY-4.0
Aller plus loin sur la contribution et le suivi sur OpenStreetMap
Charles Millet, Alban Vivert et Adrien Pavie ont présenté deux ateliers pour les territoires ayant déjà expérimenté avec OSM, et souhaitant aller plus loin sur la contribution et le suivi.
Lors du premier atelier nous avons vu comment, directement dans QGIS, il est possible de suivre les modifications de données réalisées dans OSM. Grâce à des astuces et un plugin maison, on peut réaliser du contrôle qualité simplement, et ainsi s’assurer de la bonne pertinence des contributions réalisées par la communauté.
Le second était une mise en situation concrète sur l’intégration de données ouvertes sur une commune, en respectant les règles de l’art et en profitant d’astuces pour gagner en efficacité dans l’éditeur JOSM. Au final, contribuer avec l’open data à OSM, c’est plutôt simple, surtout quand on a des photos Panoramax sous la main.

Photo par Rémi Labarthe, CC-BY-4.0
Et pour la suite …
OpenStreetMap permet aux territoires de mieux connaître leurs réalités locales, de produire des données utiles à l’action publique et de développer des services adaptés aux besoins des habitantes et habitants.
Nous espérons poursuivre la dynamique propulsée par notre Rencontre et organiser de nouveaux rendez-vous dédiés aux collectivités et aux entreprises, afin de partager les retours d’expérience, faciliter l’appropriation d’OpenStreetMap et continuer à démontrer tout le potentiel de ce commun au service des territoires.
D’ici là, retrouvez-nous lors du State of the Map, la conférence mondiale OpenStreetMap, qui se tiendra cette année à Paris du 28 au 30 août 2026 !

Photo par Rémi Labarthe, CC-BY-4.0
